Radon : ce gaz invisible qui s’invite dans nos maisons

Invisible, incolore, inodore… mais pas inoffensif. Le radon est un gaz naturel radioactif présent dans le sol. Pas toujours bien identifié du grand public, il représente pourtant un enjeu sanitaire majeur : avec 3.000 décès par an. Comment s’infiltre-t-il dans les bâtiments ? Qui est concerné ?    

Pourquoi le radon est-il dangereux ?

Radon… radioactif. Eh oui. Ce gaz naturel présent dans certaines roches du sous-sol remonte naturellement vers la surface et peut s’infiltrer dans les bâtiments puis nos poumons. On en parle finalement assez peu – trop peu selon nous. Pourtant, selon le très sérieux Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le radon serait responsable d’environ 3.000 décès par an en France. Il constitue ainsi le deuxième facteur de risque de cancer du poumon après le tabac.

À titre de comparaison, c’est presque autant que la mortalité annuelle sur les routes… mais avec beaucoup moins de visibilité médiatique. Une étude de Santé publique France en 2022 indiquait que deux Français sur trois n’avaient jamais entendu parler du radon !

Est-ce que je suis concerné ?

Maintenant que l’on vous a fait peur, vous vous demandez si vous êtes concerné. Tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. Tout dépend de la nature géologique du sous-sol. Les régions les plus exposées sont la Bretagne, le Massif central, les Vosges et la Corse.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de radon ailleurs. La cartographie du radon a été mise à jour et affinée ces dernières années, avec un classement des communes en trois zones de potentiel radon. Environ 12 millions de personnes vivent aujourd’hui en zone 3, dite « à potentiel significatif », réparties dans 72 départements en métropole et outre-mer.

Pour savoir si votre logement est concerné, vous pouvez consulter l’état des risques remis lors d’une vente ou d’une location, ou vérifier directement sur le site officiel Géorisques.

Comment détecter le radon chez soi ?

Inodore et invisible, on a dit. Du coup, sans appareil de mesure, il est donc impossible de savoir si votre logement renferme du radon et dans quelle quantité. Des kits radon avec des dosimètres et même des appareils de mesure sont désormais proposés au grand public, pour quelques dizaines d’euros parfois. Dans l’idéal, la mesure est généralement plus pertinente pendant la période de chauffage, lorsque les bâtiments sont davantage fermés et ventilés naturellement moins souvent.

Simples d’utilisation (il faut simplement respecter les consignes de placement), ces dispositifs permettent d’estimer la concentration moyenne de radon dans l’air intérieur.

Quand faire appel à un expert ?

Lorsque la concentration dépasse le niveau de référence de 300 Bq/m³, il faut se poser la question : comment le radon pénètre chez moi ? Est-ce que c’est un manque de ventilation dans le logement ? Est-ce qu’il existe de trous et des fissures dans l’interface entre le sol et le bâti ? Est-ce que le radon se glisse dans les passages de réseaux et fourreaux ? L’intervention d’un professionnel peut alors permettre d’identifier les voies d’entrée du gaz et de proposer des solutions correctives adaptées.

Quels gestes simples pour réduire le radon ?

Le premier geste, c’est celui que tout le monde connaît et qu’on a oublié après la parenthèse COVID. Ouvrir quotidiennement ses fenêtres dix minutes chez soi ! Ce geste tout bête permet d’abaisser la concentration en radon et aussi des autres polluants par la même occasion. D’autres actions peuvent aussi se révéler efficaces : s’assurer du bon fonctionnement de la VMC, de la ventilation du sous-sol ou du vide sanitaire, boucher les fissures dans le sol, colmater les joints autour des réseaux… Autant de gestes et de petits travaux peu coûteux mais qui vont avoir une incidence immédiate sur le niveau de radon chez vous.

Et dans les locaux de travail ?

Dans le logement, la réglementation radon se réduit à une information sur les zones à risque à travers l’état des risques. Elle est un peu plus exigeante pour les locaux professionnels.

Dans les zones où l’exposition au radon est susceptible d’atteindre ou de dépasser le seuil des 300 Bq/m³, l’employeur doit l’intégrer à son l’évaluation des risques pour tous les lieux de travail situés en sous-sol ou au rez-de-chaussée. Il est donc bien obligé de procéder à une mesure avec un organisme agréé avec des mesures de protection si le niveau dépasser le niveau de référence de 300 Bq/m3.

Certains établissements recevant du public-comme les établissements sanitaires, scolaires, sociaux…- situés en zone 3 sont aussi soumis à un mesurage périodique. Cette surveillance doit être renouvelée tous les 10 ans ou chaque fois que sont réalisés des travaux modifiant la ventilation ou l’étanchéité du bâtiment.

Plus d'articles ici