Les dix mesures qui vont (encore) faire évoluer le DPE

Parce que le DPE est essentiel, il doit être irréprochable. Le gouvernement a annoncé la semaine passée de nouvelles mesures pour faire évoluer le DPE et le rendre plus fiable encore. Certaines sont déjà dans les tuyaux, d’autres arriveront d’ici mars 2026. Focus sur les dix actions présentées par la ministre du Logement.

1. Un contrôle automatisé des DPE

Grâce à l’intelligence artificielle, tous les DPE seront automatiquement contrôlés. Il s’agit de détecter des incohérences comme un bien classé C dans une copropriété où tous les autres logements sont pourtant en F ou G. Ou un diagnostiqueur qui le même jour aurait réalisé un DPE à Marseille et un autre à Brest.  D’ici la fin d’année, le ministère souhaite ainsi contrôler quatre millions de diagnostics.

2. Les diagnostiqueurs encore plus contrôlés

Les opérateurs certifiés étaient déjà contrôlés, ils le seront davantage encore. Trois mille contrôles en 2023 réalisés par leurs organismes certificateurs, 8.000 en 2024 avec la réforme de la certification, la ministre en annonce 10.000 dès 2025. Chaque diagnostiqueur sera contrôlé au moins une fois par an, sur site ou sur la base de ses rapports.

3. Des sanctions plus dures

Gare aux fraudes. Le ministère veut durcir les sanctions dès septembre à l’encontre des diagnostiqueurs suspendus : en cas de DPE frauduleux -comme un diagnostic de complaisance, par exemple- , le diagnostiqueur aura interdiction de repasser sa certification avant 18  mois voire deux ans s’il s’agit d’une récidive.

4. Surveillance accrue des certificateurs

Les diagnostiqueurs sont surveillés par leurs organismes de certification, eux-mêmes surveillés par le Cofrac (Comité français d’accréditation). A partir de juin, le rythme des contrôles augmentera de 30 %, avec un contrôle tous les 10 mois et non plus tous les 15 mois. L’indépendance des organismes certificateurs sera aussi scrutée de près.

5. Le recours à la géolocalisation

Pas de DPE sans une visite des lieux. Logique. Pour s’assurer que le diagnostiqueur a bel et bien visité le bâtiment pour réaliser son diagnostic, le gouvernement va recourir à la géolocalisation à compter de mars 2026. « Si ce n’est pas le cas, le DPE sera invalidé et ne pourra pas être mis en ligne sur le site de l’Ademe », prévient le ministère.

6. Une réflexion sur un ordre professionnel

Le diagnostic immobilier aura-t-il un ordre comme pour les médecins ou les architectes ? Le gouvernement y songe sérieusement. La ministre a annoncé une mission parlementaire pour avancer sur le sujet afin de garantir la déontologie du diagnostiqueur. Cet ordre permettrait d’assoir un peu plus encore l’indépendance et l’impartialité du diagnostiqueur.

7. Le DPE transmis plus tard

Le client n’obtiendra plus son étiquette immédiatement. Pour limiter les pressions sur le diagnostiqueur, le classement énergétique sera communiqué plus tard, le soir même voire le lendemain. La modification des logiciels de diagnostic pour empêcher l’affichage immédiat des résultats est annoncée pour décembre 2025.

8. Un cursus post-bac pour professionnaliser

Le diagnostic immobilier s’est considérablement professionnalisé ces dernières années (on s’en félicite !) et ce n’est pas fini. Le gouvernement a aussi lancé une réflexion pour un cursus spécifique post-bac afin de « mieux former les futurs diagnostiqueurs et garantir un haut niveau de compétence ».

9. Outil de vérification des certifications

Un diagnostic réalisé par un opérateur non certifié ne vaut rien. Pour faciliter la vérification des certifications par le client, le ministère veut une carte professionnelle avec QR Code dès juin 2025. A l’aide de son smartphone, n’importe quel propriétaire ou professionnel de l’immobilier pourra s’assurer que l’opérateur dispose bel et bien de certifications en cours de validité.

10. Un QR code sur le DPE

Comment s’assurer que le DPE est réglementaire ? En complément du numéro d’Ademe qui doit figurer sur chaque DPE, un QR code sera mis en place sur chaque rapport. Celui-ci permettra à quiconque de s’assurer de l’authenticité du diagnostic et que celui-ci est bien enregistré auprès de l’Ademe.

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